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La rupture du contrat de travail par l’employeur

03/03/2009 par Florian Legendre

Les clichés sur la Chine concernant l’exploitation des salariés sont nombreux et persistants. Cependant avec la nouvelle loi du travail, la Chine s’est dotée d’une législation très protectrice de ses salariés- la rupture du contrat de travail par l’employeur en constitue un bon exemple.

Avant la loi du travail du 1er janvier 2008

Dans la cas où l’employeur ne voulait pas reconduire le contrat de travail à son expiration, la société ne devait verser aucune indemnité à l’employé.
Par contre, si l’employeur abrogeait le contrat avant la date de fin de contrat, l’employeur devait payer une compensation financière à l’employé.

Depuis la loi du travail du 1er janvier 2008

L’employeur doit désormais payer des compensations en cas de rupture du contrat avant son terme, et même à la date de fin de contrat.
En effet, avec la nouvelle loi du travail, la Chine oblige l’employeur à payer une indemnité à son salarié dans le cas d’une non-reconduction du contrat.

Le calcul de l’indemnité financière

D’après la loi chinoise, en cas de licenciement (ou de non renouvellement du contrat) le calcul de l’indemnité versée par l’employeur à l’employé se fait en fonction du nombre d’années passées dans l’entreprise.

Mode de calcul : indemnité = nombre d’années * salaire (fixe + flexible)

Ce mode de calcul concerne les licenciements pour faute ou mauvaise performance, lorsque cela ne peut pas être prouvé l’indemnité double. Egalement lorsque le licenciement est immédiat, il faut ajouter une indemnité égale au mois de préavis.

A noter que l’indemnité maximale est de l’ordre de un an de salaire, et que le salaire maximum (servant de base à l’indemnité) est de trois fois le salaire local moyen (à titre d’exemple il est de 3*3349 yuans sur Canton.)

Il faut néanmoins prendre en compte, que la loi n’est pas appliquée partout avec la même rigidité : être employé dans les campagnes reculées de la Chine n’apporte pas en pratique les mêmes garanties de protection. Cependant, il est à parier que l’employeur (a fortiori étranger) situé dans les mégalopoles chinoises prend de gros risques en ne respectant pas la nouvelle législation en vigueur.

Administratif, Juridique, Ressources Humaines , ,

Le marché Chinois : mythe, réalité et perspectives

02/03/2009 par Céline Monthéard

Ces dernières années, le passage du modèle économique de la Chine à une économie de marché a fait saliver de nombreux groupes commerciaux et entrepreneurs. Qui n’a pas rêvé de vendre ses services ou produits à 1,5 milliards de personnes ?

Cependant, si c’est la taille du marché chinois qui attire, c’est aussi cette taille qui rend les choses beaucoup plus complexes sur le terrain.

Car en effet, la Chine est très peuplée, mais elle aussi très grande. “La Chine est grande” est probablement la première phrase que vous apprenez en cours de mandarin, ce n’est pas pour rien, car c’est cette taille géographique qui explique beaucoup des disparités culturelles et économiques qu’on rencontre en Chine.

Tous les Chinois sont unis par la même langue, mais dans la pratique, les dialectes sont persistants et très forts comme par exemple dans le Guangdong où l’on parle Cantonais ou à Shanghai où l’on parle Shanghaien.

De la même façon, tous les Chinois font du commerce dans la même monnaie (le Yuan, ou Renminbi, ou “kuai” en language oral), mais tous les Chinois ne font pas du commerce de la même façon ou ne sont pas sensibles aux mêmes discours marketing selon qu’ils sont de Shanghai, de Pékin ou des contrées du Yunnan. Les Chinois du Sud sont réputés pour leur sens des affaires et le développement d’activités de trading, Shanghai est tradionnellement la plaque tournante des finances et services en général, alors que Pékin concentre de plus en plus les activités IT, sans parler des nombreuse régions de Chine plus reculées à l’Ouest où l’agriculture est dominante.

Dialectes différents, tendances économiques différentes, villes et régions séparées par plusieurs milliers de kilomètres avec des histoires différents et soumises ou non à des influences étrangères variées : autant de paramètres aujourd’hui qui expliquent les disparités culturelles fortes entre les différentes régions de Chine, qui segmentent le gros gâteau du marché Chinois en petites parts inégales.

Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas s’attaquer au gâteau ? Définitivement non, mais il faut éviter de pêcher par groumandise en ayant les yeux plus gros que le ventre :) La Chine est un pays encore très pauvre en études de marchés sérieuses, pour éviter le gros faux pas, il est donc souvent conseillé de s’y prendre progressivement.

Aujourd’hui la plupart des investissements commerciaux et marketing ciblent des régions et villes précises de la Chine, à commencer par ces 4 villes : Shanghai, Pékin, Canton et Shenzhen, qui regroupent à elles seules plus de 40 millions d’habitants parmis les plus aisés de Chine.

Là encore, les pratiques commerciales doivent s’adapter aux habitudes locales. Si ce n’est pas forcément nécessaire de changer le produit, c’est un aspect à garder en tête pour “l’emballer” différemment au moment de le présenter.

Pour nous, au quotidien, cela signifie que nous sommes amenés à présenter nos solutions sous différents angles selon les sensibilités de nos clients. Par exemple pour notre offre e-commerce Shopmaker, particulièrement adaptée à l’ebusiness en Chine, nous insistons tantôt sur ces caractéristiques techniques, tantôt sur ces capacités marketing, tantôt sur l’orginalités des designs que nous pouvons appliquer. Il semble aujourd’hui que notre message passe très bien auprès de nos clients du Sud :), et nous l’adaptons sans cesse pour gagner de nouveaux marchés dans d’autres régions de Chine.

Ainsi, selon votre activité, la Chine sera rarement un marché de 1,5 milliards d’habitants d’emblée : plutôt quelques dizaines au début puis centaines de millions d’individus, centaines de milliers d’entreprises avec qui développer votre business.  La Chine ne doit pas être vue de manière trop macroscopique pour en tirer le maximum de bénéfices. Aujourd’hui le gouvernement multiplie les efforts d’aide au développement aux régions moins favorisées économiquement, ce qui aura pour effet de rendre certaines parts du gâteau-marché Chinois de plus en plus abordables.

Le marché Chinois est donc un marché de perspectives. En pleine maturation aujourd’hui, savoir s’y placer maintenant peut avoir des retombées énormes dans les années à venir, à condition de savoir tirer son épingle du jeu de la compétition. Et oui, qui dit gros gâteau, dit beaucoup de gourmands aux abords ou déjà sur les lieux. Mais c’est un autre sujet ;)

Marché Chinois